REGARDS & INITIATIVES

point de vue

Quelles idées pour améliorer le quotidien des seniors ?

Dans le cadre de l’évènement « SilveRevolution » du 14 Mars 2017, les visiteurs étaient sollicités à leur arrivée pour indiquer spontanément sur des « post it » les services qu’ils souhaitaient ou imaginaient pour l’amélioration du quotidien des seniors. Près de cent contributions ont été recueillies. En voici la synthèse.

Il faut noter dans un premier temps l’étendue et la diversité des requêtes, voire parfois  des demandes paradoxales. L’appellation générique « senior » est en effet très large, elle recouvre une grande diversité d’âges, d’états de santé et de forme physique, de degrés d’activité, de niveaux d’autonomie et de fatigue liées au vieillissement.

De plus, l’image du senior véhicule à la fois des projections personnelles et une réalité plus objective : parle-t-on de soi, de son environnement proche ou de manière plus objective ?

Certaines  demandes sont de fait paradoxales. Elles oscillent entre le désir d’intégrer, sans les discriminer, les seniors actifs et mobiles qui peuvent jouer un « rôle à part entière dans la société », participer à la « résolution des problèmes de la cité », et dont l’expérience professionnelle peut être un renfort pour les plus jeunes. Et le besoin d’aides pour faciliter la vie quand on vieillit et qu’on est plus fatigué : des « services efficaces d’accompagnement » pour « faciliter la vie quotidienne », « une assistance liée à la santé », des « livraisons à domicile », des « services de remise en forme à la maison » etc.

Le registre des valeurs est aussi convoqué : « ne pas réduire le senior à une simple catégorie de consommateur », « récupérer sa confiance », surtout face à une « image sociale  à changer face aux vieux » !

Eviter la stigmatisation tout en proposant des services dédiés aux seniors ne relève-t-il pas du paradoxe ? Il est opportun d’avoir des « bancs pour faire une pause dans les lieux publics, les magasins et les rues », des « notices écrites plus gros » sur les emballages, ou des loupes à disposition dans les rayons des magasins,  » des lecteurs de carte bancaire adaptés dans les boutiques », « Une caisse rapide dans les grands magasins » , « Une aide pour porter ses courses en hypermarché », « Plus de toilettes publics dans le villes ». Le vieillissement a bien ses spécificités, incontournables. A la société du jeunisme de les accepter et à chacun de les prévenir et de les accepter pour mieux y remédier. Ces améliorations ne bénéficieraient d’ailleurs pas qu’aux seniors.

En résumé, trois grands axes traversent les demandes exprimées :

1/ L’appropriation totale de la révolution numérique à laquelle les seniors doivent s’adapter. En leur facilitant le travail par des « applis faciles, plus humaines », favorisant leur relationnel familial et social, des téléphones portables pour seniors mais esthétiques », des aides pratiques comme les « devis comparés d’artisans pour le réaménagement de son domicile »,  une « appli très simple pour faire sa déclaration d’impôt sur internet disponible à la Mairie ou au trésor Public »

2/ La nécessaire prévention de la santé/forme physique et mentale : des « services de remise en forme quotidienne » des « aides au sommeil », une « bonne hydratation », des « coachs alimentaires », favoriser « le relationnel des personnes seules » par des « réseaux d’entraide de voisinage », et l’intergénérationnel par des « parrains/marraines d’accompagnement scolaire de jeunes, de conseils pro, de sorties ». Et bien sûr, une « stimulation de ses neurones » pour un mieux-vieillir  global.

3/ La préservation et la stimulation de la mobilité, comme contre-feux de la perte d’autonomie, car c’est là que l’effet-âge est le plus visible. La mobilité est synonyme de jeunesse, de liberté, d’indépendance, il faut la maintenir et la favoriser par une prévention et des services adaptés : « Améliorer la mobilité, l’accessibilité « , des « Uber pour seniors », des « wagons de train seniors », plus calmes et offrant plus de services, des taxis aux prix réduits, favoriser le « co-voiturage et l’aide au mieux conduire », « des Seniors routards, compagnons de voyage pour retraités seuls », « Des vélos électriques plus stables », et bien sûr la « voiture autonome »…

Il faut là encore relever le paradoxe de vouloir rester mobiles comme les plus jeunes, tout en bénéficiant de « droits » du senior, qui pourraient, par un effet pervers, les renvoyer à une image discriminante non souhaitable.

Ces idées mériteraient d’être approfondies quant à leur pertinence et faisabilité, croisées à des critères qualifiant plus précisément les répondants. Un chantier en perspective pour les entreprises…

Danielle Rapoport

Psychosociologue